Aussi loin que l’on puisse remonter, les origines de la savate demeurent obscures et pour le moins imprécises. Néanmoins, on attribue la naissance officielle de la Boxe Française Savate lors de sa codification en 1832 par Charles Lecour (1808-1894).
Le terme savate (« vieille godasse » ou « vieille chaussure ») tire d’ailleurs son origine de l’importance des coups de pied très privilégiés dans ce système de combat (né des techniques militaires au Moyen Age et développé dans la rue au fil des siècles) et très largement utilisés par les « bagarreurs ». Bien sûr ces « bagarres » ne se limitaient pas à de simples coups de pied mais laissaient aussi libre cours aux fourches aux yeux, lutte et autres coups de boule… Malgré une tentative pour systématiser la savate en France par l’ouverture de la première salle officielle de savate en 1825 par Michel Casseux dit ‘Pisseux’ (1794-1869), la savate restait considéré comme étant une discipline de rustres et de personnes peu recommandables.
A la même époque un autre système privilégiant encore plus les techniques de pied était pratiqué dans le sud de la France : le Chausson Marseillais dont l’origine est encore plus méconnue que celle de la savate et qui peut se doter d’un caractère légendaire puisque quasiment disparu de nos jours. Certains historiens spéculent sur l’influence des arts martiaux asiatiques qui aurait pu être apportée par les marins revenant en Europe. Le Chausson, néanmoins, semblait privilégier les techniques plus hautes qu’en savate ainsi qu’une utilisation plus fréquente des mains, mais en tant que support à terre pour un meilleur équilibre à cause des surfaces humides et glissantes sur laquelle il se pratiquait.
C’est dans les années 1830 que Lecour, alors élève de Michel Casseux, accusa une défaite cuisante face au pugiliste anglais Owen Swift. La méthode dite de boxe anglaise se concentrant uniquement sur les coups de poings (sans protection alors) était considérée comme noble par les Anglais qui méprisaient la façon indigne dont se battaient les ‘pleutres Français’. En effet la savate utilisait les membres supérieurs pour des raisons défensives essentiellement, créant un désavantage certain lors de corp-à-corp rapprochés face aux boxeurs anglais. Après sa défaite Lecour étudia le noble art pendant deux ans sous la tutelle de Jack Adams, un autre pugiliste anglais. Dès son retour en France, Lecour codifia les méthodes de combat préexistantes en France basées sur l’utilisation intensive des membres inférieurs en y rajoutant les techniques de boxe anglaise créant ainsi la Boxe Française Savate.
 
Le Bâton et la canne (voir section consacrée à ce sujet) étaient pratiqués par les savateurs et enseignés par les maîtres d’armes, la canne étant particulièrement appréciée par les roturiers et autres dandys du fait de son utilisation dans la vie de tous les jours et de ses techniques très proches de l’escrime encore alors très prisée.
  
La génération suivante de savateurs eut le vent en poupe alors que le noble art des british commençait à décliner en popularité, et ce en particulier grâce aux efforts de Joseph Charlemont (1839-1914) avec qui la boxe française savate atteint un premier apogée. C’est donc vers la fin du 19ème siècle que les Français réclamaient la supériorité de leur art sur la boxe anglaise. Après une série de défis lancés par tireurs et boxeurs des deux nations, qui ne menèrent d’ailleurs à aucune conclusion sur la supériorité d’un style sur l’autre, Charles Charlemont (1862-1942), fils de Joseph Charlemont et figure d’autorité chez les savateurs expérimentés, décida de rencontrer son homologue anglais, Jerry Driscoll, ex-champion de la marine anglaise, afin d’établir ‘une fois pour toutes’ la supériorité d’un des deux arts. Le combat eut lieu le 28 Octobre 1899 et fut relaté comme suit : dès la 1ière reprise, Driscoll protesta vivement que Charlemont l’avais mordu. La foule réagit violemment et il fallut plusieurs minutes avant que le match ne reprenne. Les deux combattants reprirent avec une série de corps à corpss et le match fut de nouveau interrompu. L’arbitre français, Monsieur Clercrampal ne voulait poursuivre le combat!!! Ce dernier pris fin à la 8ème reprise avec un Driscoll plie en deux, estomaqué par une pointe de Charlemont. Les anglais bien sûr furent d’un tout autre avis et parlent d’un ‘coup bas’ porté en dessous de la ceinture. Bien qu’affichant fièrement la supériorité de son art, Charlemont refusa de rencontrer le jeune champion mi-moyen américain Al McCoy (1894-1966) prétextant être un professeur et non plus un combattant…

La boxe française eut l’immense privilège d’avoir été un sport de démonstration aux jeux olympiques de 1924. Malheureusement le deux guerres mondiales emportèrent nombre de pratiquants et professeurs de savate. Proche de l’extinction, la boxe française refit surface grâce aux efforts intensifs de comte Pierre Baruzy (1897-1990?) qui créa la fédération française de boxe française savate.

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