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I- Le bâton : objet de domination, mythologie et autres légendes

Depuis la nuit des temps le bâton a toujours été considéré comme un objet prestigieux et source de pouvoir : par exemple le pharaon Toutankhamon tenait un bâton dans sa main lorsqu’il fut découvert dans son sarcophage. Dans la Grèce et Rome antiques, les dieux étaient représentés avec bâton ou sceptre en main, symbole de leur pouvoir et sagesse. Le scipio des consuls grecs et le skeptron des empereurs leurs permettaient d’afficher leur autorités respectives. Comme on peut le voir dans la Bible, le bâton de Jacob était nommé qanéh en hébreux, mot qui devint canna en latin. Le mot dérivé en français fut tout simplement la canne.

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II- Bref rappel historique.

C’est au Moyen Age que le bâton et divers autres armes contendantes du même type gagnèrent en popularité auprès de toutes les classes de la société médiévale, notamment parmi les paysans, les bergers, les prêtres, les nobles et surtout les soldats et autres gardes qui l’utilisaient intensivement durant leurs entraînements ou directement sur le champ de bataille. On appelait communément ce type d’arme baston, et l’on peut dénombrer un grand nombre de variations : simple pointe, lance, hallebarde, etc…

Le bâton tel que nous le connaissons et tel qu’il est pratiqué aujourd’hui était alors très prisé par les bergers et les pèlerins. C’était un instrument très pratique sur lequel ils pouvaient s’appuyer durant leurs marches longues et éprouvantes. Bien entendu ils ne se privaient pas de l’utiliser en tant qu’armes de défense s’ils venaient à rencontrer des personnes malintentionnées.

Ce fut durant la Renaissance que le bâton connu différent degré de respectabilité. Tout d’abord considéré comme un ‘objet du peuple’, les aristocrates s’en servaient pour administrer le châtiment dit de bastonade aux suppliciés de classe inférieure (paysans, voleurs…). Puis il obtint ses lettres de noblesse, notamment avec le port de la canne. Le Roi de France Louis XVI fut d’une aide précieuse dans ce regain de popularité en réintroduisant la canne comme un extension naturelle du bras, ne s’en séparant jamais lorsqu’il prenait une marche. La mode était lancée et aucun aristocrate ne sortait ou s’affichait sans avoir sa canne avec lui. C’est aussi à ce moment que la canne devint un objet de protection personnelle. Bourgeois et nobles avaient coutume de porter la rapière ou la petite épée à leur coté, cependant le duel fut aboli vers la fin du XVIIIème siècle et le port de l’épée avec lui. La canne remplaça donc naturellement l’épée comme arme de défense avec des techniques de taille et d’estoc se rapprochant énormément des techniques d’escrime. De plus en plus, la canne devint un objet d’art et de mode, indispensable à la majesté de la démarche. Ainsi Balzac écrit :

« L’esprit de l’homme se devine à la manière dont il porte sa canne. »

L’énorme popularité dont jouissait la canne fut la source de bien d’inventions autant utiles que saugrenues : canne-épee, canne-parapluie, canne-chaise, canne à compartiments…

Bien que discipline a part entière, la canne était enseignée par des maîtres d’arme avec la boxe française et le chausson. Ils assuraient ainsi une certaine pérennité dans la transmission du savoir que pouvait recevoir les gentilshommes en terme de défense personnelle : escrime, canne et bâton, combat à mains nues, lutte parisienne, chaque discipline étant complémentaire l’une de l’autre.

La canne était en fait un objet tellement prisé et facile d’accès que la canne de combat fut une discipline obligatoire pour les fantassins de l’armée française jusqu’en 1914.

Malheureusement le port de la canne passa de mode dans les années 1930. La quasi-disparition de cet objet devenue maintenant obsolète entraîna un désintérêt global de la population envers la méthode de combat. Il fallut attendre le milieu des années 70 pour que cette discipline refasse surface grâce aux efforts de Maurice Sarry qui développa la ‘Canne de Combat’ sous sa forme sportive telle qu’elle est pratiquée aujourd’hui.

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III- La Canne de Combat: un Sport.

Dans sa pratique sportive de la canne, le canniste tire avec une canne faîte de noisetier, d’une longueur d’environ 95 cm. Les assauts en compétition requièrent le port de vêtements rembourrés ainsi que d’un masque d’escrime. L’unique moyen de valider une touche est de frapper avec le dernier tiers de la canne, le bras devant être tendu. De plus les attaques doivent être portées par la main qui est du même côté que le pied avant. Chaque coup doit être correctement armé à l’instar des coups de pieds en boxe française savate. Cette obligation tire sa raison de faits culturels et historiques : il était très facile de se faire encercler dans les rues et ruelles mal famées des grandes villes françaises. Il n’était alors pas rare que la « victime » créait un cercle de protection autour de sa personne en faisant mouliner sa canne au dessus de sa tête. Ces mouvements amples du bras se retrouvent lors de la pratique de la canne en salle. Les coups d’estoc, d’une efficacité redoutable en self-défense, furent abandonnés dans la pratique sportive au profit des frappes de type coups de taille (coups circulaires et tranchants). Les vitesses fulgurantes que peut atteindre la canne lorsque employée par un expert ainsi que les nombreuses fentes, voltes et esquives aériennes font de cette discipline un sport de haute voltige!.

Tireurs, saluez!

En garde.

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IV- Le Baton

La pratique du bâton a conservée une approche plus pragmatique et terre-à-terre due à l’extrême puissance générée lors ses rotations. L’idée d’en faire un sport de compétition fut abandonnée car considéré comme sport à grand risque. L’approche self-défense fut tout de même conservée. Le bâton se tient des deux mains et les techniques utilisées son très proches de celle de la canne. Le fait de pouvoir déplacer ses mains sur le bâton pour changer de prise augmente considérablement l’éventail de coups susceptibles portés par cette arme.

(Translated): Source:

Book: La Canne et Le Baton

Author: Philippe Conjat

 

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